Mauritanie : Revue de presse économique

12 au 18 septembre 2026
Revue hebdomadaire consacrée à l’actualité économique et financière en Mauritanie.

Économie

Projet Aman : nouvel accord pour faire avancer l’hydrogène vert vers l’investissement

Le 16 septembre, la Mauritanie et CWP Global ont signé un accord global qui fixe le cadre contractuel, financier, économique et de développement des prochaines phases du projet Aman. CWP indique que le projet est désormais au stade des études d’ingénierie détaillées (FEED), avec une décision finale d’investissement visée avant 2030. Aman prévoit à terme environ 1,2 million de tonnes d’hydrogène vert et 6,6 millions de tonnes d’ammoniac vert par an. C’est un développement nouveau important par rapport aux annonces antérieures : le projet franchit une nouvelle étape contractuelle et technique.

Sources TRUST Magazine, 16 septembre ; Emergence, 17 septembre. Article TRUST Magazine · Analyse Emergence

GTA maintient ses exportations malgré une opération de maintenance

Le projet Grand Tortue Ahmeyim a exporté trois cargaisons de GNL en août 2026, représentant environ 0,49 million de m³ de GNL, malgré des travaux de maintenance sur l'un des trains de liquéfaction du Gimi. Emergence rapporte qu'au 31 août, 43 cargaisons avaient été expédiées depuis le premier chargement d'avril 2025. La continuité des exportations est particulièrement importante pour la Mauritanie puisqu'elle conditionne progressivement les recettes commerciales, fiscales et patrimoniales tirées du projet gazier.

Source Emergence, 15 septembre 2026.

GTA : le Sénégal commence à construire son débouché gazier intérieur

Le Sénégal a lancé le segment nord de son réseau gazier, une infrastructure de 275 millions d'euros directement reliée au hub GTA. Le projet comprend 85 km de conduites et doit notamment alimenter la centrale électrique de Gandon ; il est entièrement situé côté sénégalais et ne crée donc pas directement une nouvelle recette pour la Mauritanie. Son intérêt pour Nouakchott est plutôt stratégique : il illustre la valorisation locale du gaz GTA et pose, par comparaison, la question du développement d'infrastructures mauritaniennes permettant de capter davantage de valeur ajoutée du gaz produit conjointement.

Source Emergence, 15 septembre 2026.

Production aurifère : Tasiast représente près de 88 % du total national

Selon des données de l'US Geological Survey relayées par Emergence, la Mauritanie aurait produit 21,95 tonnes d'or en 2024, dont 19,36 tonnes provenant de Tasiast. Guelb Moghrein aurait produit 979 kg, tandis qu'environ 1,61 tonne proviendrait essentiellement de l'orpaillage ; le rapport ITIE 2024 utilise toutefois un total légèrement différent, de 22,3 tonnes. Ces données mettent surtout en évidence la forte concentration de la production aurifère industrielle autour de Tasiast.

Source Emergence, 15 septembre 2026.

Ciment : retour annoncé à un rythme normal de production

Le ministère des Mines et de l'Industrie a indiqué le 12 septembre que les cimenteries avaient retrouvé leur capacité habituelle après les perturbations électriques et disposaient de stocks jugés suffisants. Le ministère affirme également que les prix sont stables. Évolution par rapport à la semaine précédente : la question n'est donc plus seulement la pénurie et les tensions sur les prix, mais le rétablissement annoncé de l'offre nationale après les difficultés d'approvisionnement électrique.

Source TRUST Magazine, 12 septembre 2026.

Carburants : le gouvernement prépare un nouvel appel d'offres et cherche à contenir les prix

Le Premier ministre a réuni le 17 septembre le patronat et les distributeurs pour examiner l'approvisionnement du marché et préparer un appel d'offres international. L'objectif annoncé est de sécuriser les livraisons dans un contexte international perturbé tout en mobilisant les moyens nécessaires pour éviter une nouvelle hausse des prix intérieurs. Nouveauté par rapport à la semaine précédente : après le lancement de la procédure concurrentielle, l'enjeu se déplace vers la sécurisation financière de l'approvisionnement et le maintien du prix à la pompe.

Source TRUST Magazine, 18 septembre 2026.

Finances et banques

BAD : croissance mieux soutenue par les secteurs non extractifs, mais besoin accru de financement du développement

Le ministère des Affaires économiques et du Développement a présenté le 17 septembre le rapport-pays 2026 de la Banque africaine de développement consacré à la mobilisation des ressources. La présentation relève la contribution croissante de l'agriculture, de la pêche, du commerce et de la construction, parallèlement au démarrage de la production gazière. Elle souligne aussi la maîtrise de la dette publique et de l'inflation ainsi que les progrès de modernisation du secteur financier et de supervision bancaire, tout en insistant sur les besoins de financement du développement et les risques internationaux.

Sources AMI, 17 septembre ; Le Calame repris par Cridem, 18 septembre. Compte rendu officiel AMI · Article repris par Cridem

Le rapport BAD met également en lumière les fragilités de l'intermédiation financière

La présentation du rapport-pays intervient alors que les données diffusées cette semaine mettent en avant à la fois la modernisation du secteur financier et les difficultés persistantes d'accès au financement. Cette lecture est importante pour l'économie réelle : le développement des marchés financiers et du crédit privé conditionne la capacité des entreprises à investir au-delà des grands projets extractifs. Le sujet complète donc les données bancaires de la semaine précédente plutôt qu'il ne constitue une simple répétition.

Source Présentation officielle du rapport-pays BAD, 17 septembre 2026.

Analyses et opinions

Aman : une avancée contractuelle, mais la décision d'investissement reste à franchir

L'analyse d'Emergence distingue clairement la signature du nouvel accord d'une décision finale d'investissement. Si le passage aux études FEED constitue une progression concrète, les étapes techniques, commerciales et financières doivent encore être achevées avant le lancement effectif de l'investissement. Cette distinction est particulièrement pertinente pour apprécier les retombées budgétaires ou industrielles potentielles du projet sans assimiler un accord de développement à un investissement déjà réalisé.

Source Emergence, 17 septembre 2026.

GTA : l'enjeu se déplace progressivement de l'exportation vers la transformation locale du gaz

L'analyse consacrée au gazoduc sénégalais souligne que Dakar met en place un débouché domestique permettant d'utiliser le gaz GTA pour l'électricité puis potentiellement pour l'industrie. Pour la Mauritanie, la question économique devient donc aussi celle des infrastructures nécessaires à l'utilisation intérieure de sa part du gaz, afin que la valeur créée ne provienne pas exclusivement des exportations de GNL. Il s'agit d'une analyse de politique économique d'Emergence, et non de l'annonce d'un projet mauritanien équivalent déjà décidé.

Source Emergence, 15 septembre 2026.

À retenir

Les développements les plus significatifs sont l'avancée contractuelle du projet Aman, la poursuite régulière des exportations de GTA, la montée de la question de la valorisation locale du gaz, et les mesures destinées à sécuriser l'approvisionnement en hydrocarbures. Sur le plan financier, la présentation du rapport-pays de la BAD remet au premier plan la mobilisation des ressources, l'intermédiation financière et le financement de la transformation économique.